Apprendre, observer, transmettre
J’ai eu la chance d’assister à une démonstration de mise en œuvre du béton de chanvre, organisée par l’ARPE (Agence Régionale pour l’Environnement), au lycée Le Corbusier.
Pas en tant que spécialiste. Plutôt comme une architecte curieuse, avide de comprendre et d’apprendre auprès d’acteurs passionnés qui, chacun à leur manière, font évoluer nos pratiques vers une construction plus respectueuse du vivant.
Voir la matière se transformer, et observer le travail des artisans : c’est tout cela qui redonne du sens à l’acte de construire. Parce qu’avant d’être une question technique, la construction écologique est avant tout une culture du geste, du temps et de la transmission.
Le béton de chanvre est une alliance simple et ingénieuse : chènevotte, chaux, eau. Un mélange local, renouvelable, respirant, régulateur d’humidité, isolant naturel… et surtout humain dans sa mise en œuvre.
Utiliser des matériaux issus du territoire, c’est choisir des ressources qui racontent le lieu, son climat, sa géologie et ses savoir-faire. C’est préférer une pierre locale à un revêtement importé, un bois de la région à un matériau anonyme venu d’ailleurs. Cela permet de soutenir une économie circulaire mais aussi d’ancrer le bâtiment dans son environnement et ça, je vous en parle souvent ! Parce que pour moi, valoriser les savoir-faire locaux et artisanaux, c’est redonner leur place aux mains qui bâtissent : charpentiers, maçons, tailleurs de pierre, enduiseurs… Ces gestes précis et patients donnent une identité unique à chaque projet et prolongent la mémoire d’un territoire.
Réhabiliter plutôt que reconstruire, c’est préserver cette mémoire, reconnaître la valeur du bâti existant et lui offrir une nouvelle vie adaptée aux usages d’aujourd’hui. Enfin, penser le bâtiment comme un écosystème et non un objet isolé, c’est comprendre qu’il dialogue avec ce qui l’entoure : le sol, la lumière, la végétation, les vents, et surtout les personnes qui le font vivre. C’est cette cohérence entre matière, paysage et humain qui fait la force d’une architecture durable et sensible.
Participer à ce type de formation, c’est aussi une manière de nourrir ma pratique d’architecte.
Mon métier, c'est rechercher cette cohérence : bâtir avec intelligence, avec respect du territoire et des ressources, et avec la conviction que l'architecture peut être à la fois belle, simple et juste.


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